Les journalistes formés sur la couverture des zones dangereuses et la consolidation de la paix

La capitale éthiopienne, Addis Abeba a accueilli du 10 au  15 Décembre 2012, un atelier régional. Cet  atelier de six  jours  a réuni  une vingtaine de journalistes venant des pays  ACP (Afrique Caraïbe et Pacifique). Cette rencontre était l’initiative du Centre africain de formation pour la paix et la sécurité (ACPST) de l’Institut d’études de la sécurité (ISS) et la Direction de l’Information et de la Communication (DIC) de l’Union africaine. Les journalistes sélectionnés à l’issue d’un appel à candidatures ont suivi le cours axé  sur la couverture des zones dangereuses et la consolidation de la paix.  Jean-Baptiste Kodjovi ATTISSO, Secrétaire Général du Réseau africain des journalistes sur la sécurité humaine et la paix (RAJOSEP), a pris part à cet  atelier  de renforcement de capacités.


Les journalistes réalisant des reportages sur des zones dangereuses en proie à de violents conflits, au terrorisme, aux crimes transnationaux, etc,  sont confrontés à de nombreux défis. Ces défis sont liés à la réalisation d’un travail excellent et éthique sur  des terrains difficiles. Toutefois, travailler dans de telles zones offre aux journalistes la possibilité de contribuer de façon significative à la reconstruction de ces sociétés. Cela permet également d’offrir une vision et une perspective africaines  des événements qui se déroulent sur le continent. C’est face à ce constat que le Centre africain de formation pour la paix et la sécurité (ACPST) et la Direction de l’information et de la communication de l’Union africaine ont initié le  cours axé sur la couverture médiatique des zones à risques. Ainsi, « La couverture des zones dangereuses: le journalisme comme consolidateur de la paix » était l’intitulé  du cours que la vingtaine de participants venus d’une douzaine de pays africains ont suivi durant la période du 10 au 15 décembre 2012 à Addis Abeba. Ce  cours  a permis aux participants d’améliorer leur  compréhension de la nature des conflits et les menaces qui sévissent sur le continent africain. Il leur a permis également de développer leurs compétences éthiques et qualitatives du travail, contribuant ainsi à la consolidation de la paix dans les zones dangereuses. Enfin, il les a  aidés  à créer des réseaux pour le partage de connaissances et d’informations relatives à la couverture médiatique des zones dangereuses.

Le Directeur régional de l’Institut d’études de sécurité (ISS) à Addis  Abeba, Ambassadeur Olusegun Akisanya a félicité les participants pour la qualité de leur profil et pour le rôle qu’ils seront appelés à jouer dans la pacification du continent à travers leurs écrits.

Pour sa part, la Directrice de l’information et de  la communication de l’Union africaine, Madame  Habiba  Mejri-Cheikh (en photo avec Jean-Baptiste K. ATTISSO) a émis le vœu  que les médias africains soient les sources premières des informations concernant le continent à partir de la qualité du travail des hommes qui  les animent. Aussi a-telle convié les participants  à rejoindre le NetPeace (Réseau des journalistes pour la paix et la sécurité en Afrique) mis  en place en fin d’année 2011  par l’Union africaine. Elle a rappelé que le NetPeace n’est pas un outil de propagande de cette institution dont elle fait partie.

L’atelier proprement dit

Comment protéger les personnes et autres sources d’information dans les zones dangereuses ? Que signifie le journaliste en tant qu’acteur de la  consolidation de la paix et de la prévention des conflits? Quels sont les dangers posés par le journalisme à la paix et à la sécurité humaine ? Par quels moyens pratiques l’exercice du journalisme peut-il être transformé en outil de consolidation de la paix? Comment survivre dans les zones dangereuses?  Quels sont les équipements les mieux adaptés au travail dans les zones dangereuses? Comment sécuriser sa vie et ses équipements lors de reportages dans les zones dangereuses? Voilà quelques-unes des questions auxquelles cet atelier  d’une semaine a trouvé  des approches  de solutions à travers les différents modules.

Ces  modules étaient entre autres : la cartographie des crises africaines, l’enjeu autour de la sécurité, le traitement médiatique  de la question des refugiés-victimes et autres personnes vulnérables  en temps de crises, l’éthique et  la déontologie  journalistiques en situation de guerre ou de crise, la presse-partis politiques et conflits, journalistes et  indépendance  en temps de crise, les défis  des opérations de maintien de la paix en Afrique, le droit international  humanitaire, etc.

Des experts de la Commission de l’Union africaine à l’instar de Madame Aïssatou  Hayatou-Tall  de la Campagne « Agissons pour la paix », Issaka  Souaré du système continental d’alerte précoce (CEWS), Stéphane Bone de la Division  des opérations de soutien à la paix, Docteur Lori-Anne THEROUX-BENONI, chercheure principale à l’Institut d’études de sécurité à Dakar et bien d’autres personnalités  se sont mis à contribution lors de ce cours. De même, les  journalistes expérimentés comme Valérie Bony du service français de la BBC en Côte d’Ivoire, Oféibea QUIST-ARCTON,  correspondante  Afrique de l’Ouest de la National Public Radio (USA), Paula Fray de Media Training and Development  venue d’Afrique du Sud, Francis Kpatindé, ancien Rédacteur en Chef de Jeune Afrique ont joué leur partition dans la facilitation de ce cours.

Ce cours a été dirigé par le Sénégalais Hamadou Tidiane SY, qui  a partagé ses 20 d’expérience journalistique  avec les participants.

Rappelons que le Centre Africain de Formation pour la Paix et la Sécurité (ACPST) de l’Institut d’études de sécurité (ISS) a pour mandat le renforcement des capacités des  professionnels dans la conception et la mise en œuvre de politiques visant à améliorer la sécurité humaine en Afrique, cela principalement à travers des formations et des ateliers  de courte durée.

Quant à la Direction de l’information et de la communication (DIC) de l’Union africaine (UA), elle  a pour principal mission d’informer le public, africain en particulier, à propos des activités de l’UA visant à « bâtir une Afrique intégrée, prospère et en paix, dirigée par ses citoyens et constituant une force dynamique sur la scène mondiale ». Cette mission repose largement sur la qualité des liens entre l’UA et les acteurs du paysage médiatique africain, ceux à qui revient la responsabilité de conter au reste du monde le récit des événements qui se déroulent sur le continent. Afin de contribuer à consolider cette collaboration avec les médias, la DIC souhaite reconfirmer son action de promotion de la liberté d’expression et l’accès à l’information dans le respect de l’éthique et de la déontologie.

Soulignons que l’atelier d’Addis Abeba a été rendu possible grâce à l’appui du PNUD, du Japon et du Royaume de Netherlands. C’est avec satisfaction que les participants ont pris congé des organisateurs après qu’un certificat de participation leur  a été  délivré.

Jean-Baptiste Kodjovi ATTISSO, participant

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