Environnement : Le trafic d’espèces, une menace pour la biodiversité et les écosystèmes

‘’Le trafic de faune représente 20 milliards de dollars US par an, et se positionne ainsi comme le 3ème plus gros trafic au monde après celui de la drogue et des armes’’, a fait constater vendredi Fabrice EBEH, directeur exécutif de l’Alliance Nationale des Consommateurs et de l’Environnement (ANCE), une ONG qui défend la bonne cause des consommateurs et celle de l’environnement au Togo .

Propos tenus à l’occasion d’une rencontre visant à outiller des acteurs dans une perspective de renforcement du système de protection de la faune et de la flore au Togo, pays considéré selon des enquêtes comme la plaque tournante du trafic d’espèces.

Selon lui, le fléau n’est pas sans conséquences néfastes sur l’environnement des pays africains, notamment au Togo où des espèces  comme  les éléphants, les tigres, etc…sont en voie de disparition.

Néanmoins pas de chiffres pour illustrer l’ampleur de la situation au Togo, faute données dans le pays où des efforts sont certes accomplis pour lutter contre la pratique. En témoigne le directeur de l’ANCE, qui par ailleurs interpelle l’autorité compétente sur la nécessité de renforcer les moyens de lutte contre le trafic d’espèces. C’est à travers l’interview ci-après :

Africabusiness.com : Des rapports indiquent que le Togo est une plaque tournante en matière de trafic d’espèces. Et vous jugez important d’outiller les acteurs de lutte contre le trafic d’espèces. Pour quel intérêt ?

Mr EBEH : La criminalité des espèces de la faune et de la flore a pris de l’ampleur au Togo, malgré toutes les initiatives prises par le gouvernement. Pour lutter contre la criminalité de ces espèces , il a été adopté au plan international la convention « CITES » en 1973. Et le Togo a fait un pas en ratifiant cette convention, et en intégrant les dispositions de ladite convention dans son droit interne que ce soit dans la loi cadre de l’environnement, ou dans le code forestier. Il y a eu plusieurs programmes qui ont été mis en oeuvre par le gouvernement dans le but d’atteindre les objectifs fixéx par la convention. Malgré cela, le trafic des espèces  de faune et des espèces de la flore  inquiète plus d’un et le Togo est cité dans plusieurs rapports, comme étant la plaque tournante de ces espèces dans le monde. Afin de doter les acteurs des outils pour pouvoir reconnaître ces espèces et lutter contre ce trafic au niveau des postes frontaliers qui sont les frontières terrestres, au niveau du port et de l’aéroport, nous avons jugé important de réunir les acteurs pour leur donner des outils nécessaires afin de pouvoir identifier donc ces espèces, les protéger et  décourager les trafiquants en les arrêtant.

Africabusiness.com  :Une idée statistique pour illustrer la situation ?

Mr EBEH : Le trafic des espèces, c’est à peine 20 milliards de dollars US chaque année dans le monde. Les espèces trafiquées sont très nombreuses. Parmi elles, on cite les espèces animales, celles végétales, ainsi que les produits dérivés. L’ivoire par exemple constitue l’apanage des trafiquants. Quand bien même il n’y a pas de statistiques au Togo faute de données, il faut dire que les trafiquants d’espèces arrêtés dans le monde entier  (notamment en Asie, en Europe) passent par le port ou l’aéroport de Lomé, selon les conclusions d’enquêtes. Face à cette situation, il va falloir que les autorités, malgré les efforts qui sont faits sur le plan national en la matière, essayent de renforcer les moyens de contrôle au niveau des postes frontaliers.

Africabusiness.com :Est-ce que le trafic d’espèces a des impacts sur le Togo ?

Mr EBEH : Oui, le trafic d’espèces entraine indéniablement l’extinction  de certaines espèces. A titre d’ exemple les éléphants , les tigres pour ne citer que ceux-là, sont menacés d’instinction aujourd’hui. Les lamentins, on n’en trouve même plus. C’est pourquoi nous insistons sur le renforcement des moyens de contrôle ; sinon si rien n’est fait à terme, de milliers autres espèces disparaitront. La convention CITES a pour but de protéger les espèces menacés d’instinction, à travers la réglementation de l’importation et de l’exportation de ces espèces. Il faut cependant noter qu’il existe des espèces totalement interdites de commercialisation ( cas de l’éléphant, des tigres, des panthères). Les Etats doivent donc être dotés  de moyens efficaces de contrôle pour lutter contre le trafic d’espèces.

 

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