Engagement de la Banque mondiale en vue de bâtir des systèmes de santé équitables et responsables dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord

TUNIS, Tunisie, 28 juin 2013/African Press Organization (APO)/ Les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) comptent parmi ceux qui ont les plus faibles dépenses publiques en faveur de la santé. L’accès aux services de santé n’est pas équitable, et la qualité des soins est très inférieure aux attentes des populations. Selon la toute dernière stratégie régionale de la Banque mondiale pour la santé, lancée aujourd’hui à Tunis, cette situation peut être inversée en investissant dans des systèmes de santé équitables et responsables.

 

« Notre stratégie d’engagement en faveur du secteur de la santé dans la région MENA vient à point nommé et répond aux aspirations des populations qui veulent plus d’équité et de responsabilité financière, » a déclaré Inger Andersen, Vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA. « Les équipes du Groupe de la Banque mondiale sont résolues à travailler en étroite collaboration avec tous les pays de la région MENA pour définir des solutions pratiques et durables permettant d’améliorer l’accès à des soins de santé de qualité. »

 

Le rapport intitulé Fairness and Accountability: Engaging in Health Systems in the Middle East and North Africa (Œuvrer pour l’équité et la responsabilité financière des systèmes de santé au Moyen-Orient et en Afrique du Nord) montre que les gouvernements des pays de la région affectent en moyenne seulement 8 pour cent des budgets nationaux à la santé, contre 17 pour cent en moyenne dans les pays de l’OCDE. Cela signifie que les ménages de la région doivent prendre en charge la différence, qui atteint jusqu’à 40 pour cent des dépenses de santé, contre 14 pour cent dans les pays de l’OCDE. En conséquence, nombreux sont ceux qui retardent des traitements médicaux hautement nécessaires ou s’en passent carrément, faute de ne pas pouvoir se les procurer sans s’appauvrir radicalement.

 

Ce constat a pour toile de fond une augmentation des décès et des handicaps dus aux maladies non transmissibles (MNT) et aux traumatismes dans l’ensemble de la région MENA. Le rapport signale que près de 73 500 personnes, dont 35 900 hommes jeunes et 3 950 enfants, ont trouvé la mort en 2010 dans des accidents de la route survenus dans cette région. Six pays arabes – l’Arabie Saoudite, Bahreïn, l’Égypte, les Émirats Arabes Unis, la Jordanie et le Koweït – comptent parmi les 20 pays du monde qui ont la plus lourde charge d’obésité. La dépression est une cause majeure de morbidité chez les femmes, tandis que le tabagisme compte parmi les plus sérieux facteurs de risque chez les hommes. Dans les régions à faible revenu et les régions à la traîne, la concrétisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) demeure un défi de taille compte tenu des taux importants de mortalité maternelle et infantile et de malnutrition, d’autant que près de 60 pour cent des enfants yéménites présentent des retards de croissance.

 

En Tunisie, les disparités régionales, qui tiennent principalement aux difficultés existantes d’allocation des ressources financières et de disponibilité de services, se sont traduites par des taux de mortalité maternelle trois fois supérieurs dans des régions telles que Kasserine que dans des zones urbaines comme Sousse. Seulement 55 pour cent des femmes rurales passent au moins quatre visites prénatales, contre 75 pour cent de celles vivant en zone urbaine. Les disparités du point de vue de la densité de médecins par habitant sont telles que le Gouvernorat de Tozeur compte seulement deux médecins pour 10 000 habitants, contre 35 à Sfax.

 

Autre aspect tout aussi important, la qualité des soins présente de grandes variations, au moins là où il existe des centres et des prestataires de santé. Les procédures d’accréditation et d’agrément ont montré qu’elles contribuaient à améliorer la qualité des services sanitaires, et sont devenues la norme dans la plupart des pays de l’OCDE ainsi qu’en Inde, en Indonésie, en Turquie et en Jordanie. Ces procédures sont en cours d’introduction en Tunisie, au sein du Ministère de la santé, avec l’appui technique de la Banque mondiale, l’objectif étant d’établir un système d’accréditation et d’agrément garantissant l’accès à des services aux normes internationales, quel que soit le lieu d’implantation des installations de santé.

 

« La réponse à la double difficulté posée par la réalisation des OMD et la prise en charge du fardeau croissant de MNT et de traumatismes ne réside pas seulement dans l’augmentation des dépenses de santé, » a déclaré Enis Barýþ, Directeur sectoriel de la Banque mondiale pour la santé dans la région MENA et co-auteur de la stratégie. « Notre stratégie appelle une révision fondamentale des valeurs et des principes qui régissent les systèmes de santé et des cadres institutionnels existants en vue de la mise en place d’une gouvernance pluraliste et responsable des systèmes de santé. Guidée par cette réflexion, notre stratégie est le fruit d’un processus itératif qui s’est déroulé sur une année entière et qui vise à répondre aux vœux des populations de la région MENA. »

 

Les transformations à l’œuvre dans la région apportent une ouverture permettant à la Banque mondiale de prêter attention à des voix très diverses, notamment les pouvoirs publics, la société civile et le secteur privé, et de s’engager à leur côté pour identifier, selon un mode participatif, des solutions en rapport avec les exigences et les besoins des populations. L’équipe a organisé plusieurs consultations dans l’ensemble de la région pour réunir des éléments en vue de l’élaboration de la stratégie, dont tous ont abouti à la nécessité de mettre en place des systèmes et des services équitables et responsables.

 

La Banque mondiale est particulièrement bien placée pour travailler avec l’ensemble des pays de la région afin d’introduire des réformes de fond du secteur de la santé, en puisant dans les données, informations, expériences et interventions résultant de cinq décennies d’expérience du secteur de la santé dans plus de 150 pays, pour établir des systèmes et des institutions offrant plus d’équité et de responsabilité financière aux populations.

 

« Il s’agit de réorienter les systèmes de santé de la région pour qu’ils ne se bornent pas à traiter les pathologies, mais s’attachent aussi à préserver et à promouvoir la santé afin que les gens puissent vivre plus longtemps et en santé et qu’il en coûte moins pour l’État comme pour eux-mêmes, » a déclaré Aaka H. Pande, Économiste de la santé et co-auteur du rapport.

 

La stratégie définit des instruments et des outils que le Groupe de la Banque mondiale s’est engagé à mettre en place en collaboration avec les pays de la région MENA. Ils consistent notamment à donner des moyens d’action aux citoyens en leur fournissant des informations sur les résultats des systèmes de santé et la qualité des prestations ; à améliorer la responsabilité professionnelle des spécialistes de santé par la mise en place d’incitations visant la prévention sanitaire et l’offre de soins de qualité en temps opportun et à un coût raisonnable ; à sensibiliser les populations, notamment les jeunes, aux risques et dangers liés au tabagisme, à l’alcoolisme et à la circulation ; à apporter un appui technique et financier pour étendre la couverture médicale aux pauvres, aux chômeurs et aux personnes ayant des emplois précaires ; et à soutenir les pratiques visant à faire respecter les droits des patients en matière de protection de la vie privée et de la confidentialité.

 

Pour de plus amples informations et pour accéder au rapport complet, rendez-vous sur le site web : worldbank.org/mena/health-strategy

 

SOURCE

The World Bank

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