Grève au Collège Cheick Anta Diop: Le fondateur fixe l'opinion.

Depuis bientôt une semaine, le Collège Cheick Anta Diop situé en plein centre de Yeoville, a stoppé ses activités suite à une grève menée par les enseignants de ce collège dirigé par l’écrivain-politicien congolais Jemadari Kilele.

 

Les employés du centre se sont exprimés dans les colonnes du quotidien sud-africain Daily Sun, dénonçant le retard de paiement et l’insensibilité du responsable principal face à leurs cris. Nous avons rencontré leur PDG, qui a bien voulu s’expliquer sur la situation.

Monsieur Kilele, vous êtes le fondateur et PDG du collège Cheick Anta Diop, vu la renommée du centre, il circule beaucoup de version sur la situation que connait le collège, qu’en est-il exactement ?

Vous savez Cheick Anta Diop existe depuis 20 ans. Et c’est pour la première fois que le centre vit ce genre de situation. Alors si en une vingtaine d’année, ceux qui ont  été l'épine dorsale de notre institution depuis 1994 ne peuvent pas faire preuve de grandeur  pour  s’asseoir et trouver des solutions, je ne saurais pas faire mieux.

Que vous reproche-t-on à ce jour ?

Le problème crucial est le non paiement du dernier salaire. Aucun enseignant n’ignore que cette année les données financières sont désastreuses, et que cela affecte effectivement le centre. Et face à cette réalité et vu que nous opérons dans un secteur sensible comme l’éducation, la solution ne serait pas de pénaliser les étudiants à cause d’un problème de finance. Et surtout quand je pense que pour atteindre ce niveau, nous avons fourni un travail acharné.

A quoi est dû ce retard de paiement ?

Tout d’abord, le monde entier traverse une crise mondiale qui affecte plusieurs secteurs économiques dont l’éducation. Puisque nos fonds proviennent en majeur partie des parents d’élèves, ceux-ci  ne sont pas exemptés par l’impact de la crise mondiale. C’est-à dire que nous sommes confrontés à une situation telle que certains parents ne payent pas les droits en temps voulu, et il y a aussi le problème de la concurrence sur le terrain.

L’administration financière d’un grand collège comme le vôtre ne dépendrait pas totalement des paiements des frais scolaires, je veux évoquer le système bancaire sud-africain qui assiste nécessairement les structures privées œuvrant dans l’éducation.

Bien entendu, cette faveur n’existe plus. Car je vous informe que le gouvernement sud-africain a voté une loi qui supprime le prêt aux institutions privées, et donc nous nous retrouvons dans une tactique de commerçant traditionnel qui doit dépendre des ventes directes pour acheter un nouveau stock. Vous conviendrez avec moi qu' à ce niveau, l’administration Cheick Anta Diop et tous les agents doivent discuter sérieusement pour sauver cette école qui d’ailleurs nous a nourris pendant plusieurs années. On ne va pas oublier 20 ans de bonheur au profit d’un retard de salaire. Ecoutez, si les grandes nations sont confrontées à des sérieux problèmes de finances, à plus forte raison un Collège privé.

Pensez-vous qu’il y ait d’autres éléments importants qui puissent justifier la situation qui prévaut dans votre entreprise ?

Bien sûr, j’ai cité tout au début de l’entretien, le problème de la concurrence, et à cela s’ajoute le cadre géographique dont je tiens compte. Car Yeoville est un quartier homogène où l’on retrouve une population moyenne. C'est-à-dire qu’il est pratiquement difficile de faire avaler à un parent d’élève de continuer à vous payer R500, pendant qu’à côté il y a des centres mieux offrants. Or dans la réalité, on devrait absolument voir la qualité de l’enseignement et l’expérience. Nous sommes fiers d'offrir de bons services à la communauté et à améliorer constamment notre approche dans le domaine de l'éducation à offrir une éducation de qualité qui permet à nos enfants – notre avenir – à affronter le monde avec beaucoup de confiance et la capacité à concurrencer dans ce village planétaire déjà impitoyable. Or devant une clientèle moyenne cette logique est loin de marcher.

Voila déjà une semaine que le collège est en arrêt, comment pensez-vous redresser la barque ?

je sollicite avant tout la compréhension et la tolérance pour toute erreur de notre équipe pédagogique et administrative. J’ai eu à rencontrer les enseignants pour en discuter. Et je crois que des solutions efficaces viendront pour mettre un terme à cette fâcheuse situation. Nous sommes toujours prêts à fournir une éducation de qualité et abordable pour tous ceux qui se confient à nous car nous avons la responsabilité d'éduquer leurs enfants, parce que vos enfants sont nos enfants, nous faisons le travail de  la plupart des parents responsables, même dans des conditions difficiles. Cheikh Anta Diop College est  une maison de lumière dans un océan d'écoles qui peinent quotidiennement à éduquer les enfants du monde.

 

 

 

 

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