Comment allez-vous faire en sorte que la recherche soit pleinement intégrée dans la chaîne de valeur agro-alimentaire et que les résultats de la recherche soient utilisés d’une manière pratique pour assurer la croissance économique en Afrique?

Dans la perspective de l’AgriBusiness Forum 2013, EMRC a interviewé le nouveau Directeur Exécutif du FARA, le Dr. Yemi Akinbamijo, comme FARA l’a annoncé le 24 Juillet 2013 « Avec un nouveau Conseil d’Administration et Directeur Exécutif le FARA a la possibilité de commencer sur une nouvelle base en travaillant ensemble, dans une approche d’unité ».

EMRC: Après avoir travaillé pour la Commission de l’Union africaine à la tête de la Division de la Sécurité Alimentaire et l’Agriculture, quels sont les principes directeurs que vous allez apporter au FARA ?

Dr. Yemi Akinbamijo:

Il y a beaucoup de facettes à la sécurité alimentaire et à la recherche agricole. Issu d’un milieu de recherche académique pendant vingt ans, et bénéficiant de l’avantage d’avoir pu discuter avec nos pairs de la politique agricole au cours des huit dernières années, je suis avantagé par le fait d’avoir une bonne connaissance de ces deux mondes. Il est clair dans mon esprit que la science et l’orientation de la politique doivent se compléter mutuellement. La construction de cette synergie est sacro-sainte si nous souhaitons la sécurité alimentaire en Afrique. Je remercie mon grand prédécesseur le Prof Monty Jones d’avoir élargi le protocole d’entente avec la Commission de l’Union Africaine. Ce mouvement singulier a donné au FARA l’espace bien nécessaire pour engager les orientations scientifiques afin d’améliorer les orientations politiques du continent. C’est tout nouveau! Nous nous engageons à favoriser ce nouveau développement et à lui donner le coup de pouce scientifique et politique qu’il mérite.

Deuxièmement, il y a la nécessité impérieuse pour le FARA de démontrer que nous sommes tous un seul corps avec des organes imbriquées – c’est-à-dire que nous allons évoquer la «philosophie de l’organisme» plutôt que la « philosophie de l’organisation ».

Vous avez fait allusion à mon idée-clé de travailler ensemble, de mettre en commun et de délivrer ENSEMBLE. Il s’agit d’une nouvelle façon de faire des affaires. Je peux aussi bien dire que l’échec à atteindre la sécurité alimentaire dans certaines régions d’Afrique, est un échec pour tout le monde.

Par conséquent, en tant que mécanisme de coordination des recherches du continent, il appartient au FARA sous ma direction de voir si le FARA joue son rôle dans le cadre du principe de subsidiarité. Nous allons apporter de la rigueur et de la discipline dans les sciences afin que nous puissions atteindre nos objectifs en collaboration avec nos partenaires et les membres du Forum.

Enfin, la mise en place de l’ « agenda de la science africaine » en collaboration avec la SP 1 de la nouvelle stratégie du FARA sera poursuivie irrémédiablement. Le processus va englober les initiatives complémentaires à l’échelle continentale telles que le « intensAfrica » et l’« African Technology Platform ».

EMRC:  Quels sont vos principaux objectifs pour le FARA? Comment allez-vous faire en sorte que la recherche soit pleinement intégrée dans la chaîne de valeur agro-alimentaire et que les résultats de la recherche soient utilisés d’une manière pratique pour assurer la croissance économique en Afrique?

YA: La réalisation de l’agenda de la science est un must,  l’échec n’est vraiment pas une option. La nouvelle initiative de la SAAA a pour but de développer la science dont l’Afrique a besoin pour faire avancer son agriculture. J’ai toujours dit que si nous passons en revue l’histoire agricole à l’échelle mondiale, il n’existe aucun pays qui a brisé la barrière de l’insécurité alimentaire sans accorder l’attention voulue à la recherche et à la formation agricole. La sécurité alimentaire n’est que la moitié de l’équation. De l’autre côté, la politique du gouvernement pour un meilleur investissement dans le financement de la recherche agricole comme un bien public devient impératif. Je voudrais que le FARA devienne une structure incontournable pour toute la chaîne de valeur agroalimentaire.

EMRC: Quels sont selon vous les obstacles auxquels est confronté le secteur et comment le continent doit-il aborder ces défis?

YA:Le financement des institutions de recherche agricole est un défi majeur. Notre état d’esprit est encore à assimiler la nécessité d’avoir des ressources financières suffisantes pour soutenir la recherche et la formation agricoles. Pour de nombreux pays, le financement de la recherche agricole est de la responsabilité des partenaires au développement. C’est pourquoi aujourd’hui la majeure partie du budget du FARA est fournie par des bailleurs étrangers. Je voudrais voir un basculement important de la balance en faveur de l’augmentation des ressources du continent pour soutenir le financement de la recherche agricole.Pour l’essentiel, le financement ciblera le développement des capacités institutionnelles, humain et infrastructurel.

EMRC: Stimuler la croissance agricole exige une approche locale, nationale, régionale et internationale. Comment comptez-vous atteindre ces résultats positifs pour le continent dans son ensemble?

YA:  L’ensemble de ce forum est un continuum le long des quatre niveaux que vous venez de mentionner. Distinguer «le Forum» du «secrétariat» est très important. Les différentes strates du Forum sont toutes bien représentées aux niveaux continental, régional, national et local, avec des lignes claires d’actions, rôles et responsabilités. Il est également reconnu que «la chaîne est aussi forte que son maillon le plus faible». Il n’y a donc aucune raison d’écarter une strate plutôt qu’une autre. Toutes sont singulièrement et collectivement importantes dans la réalisation du mandat du FARA. Nous avons tous nos différents termes de plans de référence et stratégique. Ces stratégies et ces termes doivent se renforcer mutuellement». Cela signifie que nous travaillons de manière complémentaire pour atteindre un objectif commun. Là encore, j’insiste sur le fait que nous devons renforcer les cordons d’unification et de l’esprit de corps à tous les niveaux.

EMRC: Le FARA a travaillé en étroite collaboration avec EMRC pour l’AgriBusiness Forum. Pourquoi est-ce important pour le FARA d’être associé à EMRC et comment ces réunions peuvent aider à établir des résultats significatifs pour le secteur agroalimentaire?

YA: Nous serons aussi bon que nos marchés et que nos capacités de marketing partout la où sécurité alimentaire et l’agro-industrie sont concernées. C’est la raison d’être de la création de PanAAC et des initiatives telles qu’UNIBRAIN. Il est également important de reconnaître que le secteur agro-alimentaire a ses propres particularités et attributs. Ces caractéristiques du secteur impliquent qu’il est nécessaire de consacrer une approche spécifique de l’agro-industrie. Le FARA embrasse toutes les initiatives allant dans ce sens en collaboration avec les OAR et nos agents du secteur privé. Par ailleurs, la réflexion actuelle de l’évolution du PDDAA est en grande partie construite autour du financement, des mécanismes de financement innovants du secteur privé et des investissements. Cela nécessite une stimulation plus forte du secteur privé afin d’être mieux placé pour répondre à ces nouveaux scénarios.

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