Question à l’attention d’Eugenia Serova, Directrice des Infrastructures Rurales et de la Division Agro-industries à la FAO


 

 

Question à l’attention d’Eugenia Serova, Directrice des Infrastructures Rurales et de la Division Agro-industries à la FAO:

EMRC: En tant que nouvelle directrice récemment nommé pour l’Infrastructure Rurale et la Division Agro-industries à la FAO, quelle sera la vision clef de votre division ?

Eugenia Serova:    Au départ, j’ai été nommé chef de file pour le développement de l’un des cinq nouveaux objectifs stratégiques de la FAO, à savoir mettre en œuvre les systèmes agricoles et alimentaires incisifs et efficaces et pour cela j’ai été affectée en tant que directrice à l’Infrastructure Rurale et de la Division Agro-industries (AGS). La conception du nouveau Cadre stratégique de la FAO a identifié l’agro-industrie et le développement de la chaîne de valeur en tant que priorité de haut niveau. Ceci a augmenté de manière significative l’importance de cette division dans l’organisation et le rôle des sujets de l’agenda de la FAO, et définira la vision des quatre prochaines années.

– Pourquoi la FAO identifie cette question comme sa priorité? Les défis alimentaires mondiaux sont différents aujourd’hui. La mondialisation et la commercialisation ont apporté des changements révolutionnaires dans les systèmes agricoles et alimentaires: le secteur primaire se caractérise par des chaînes d’approvisionnement de plus en plus intégrés, les systèmes agricoles et alimentaires sont de plus en plus scientifique et à forte intensité capitalistique. L’urbanisation rapide rend les chaînes d’approvisionnement plus complexes et diversifiés. Les marchés agricoles mondiaux sont plus intégrés et plus risqué.

– Ces développements ont donné des résultats positifs, mais en même temps ont créé de sérieux obstacles pour les petits producteurs et les petits pays pour participer aux marchés locaux, nationaux et mondiaux. Accroître leur participation dans les systèmes alimentaires et agricoles est essentiel pour atteindre l’objectif de la FAO d’un monde sans faim. Améliorer l’efficacité de ces systèmes permettra d’assurer une utilisation responsable des ressources disponibles, d’améliorer les revenus, réduire les déchets et les pertes, et de promouvoir la fourniture de produits consommation qui sont sains et propres. Nous devons donc développer des solutions pour augmenter l’inclusion de toutes les parties prenantes dans les marchés sans nuire à l’efficacité.

EMRC: Quelle est l’importance du fait que l’AgriBusiness Forum aura lieu cette année au Rwanda?

ES:    C’est un choix particulièrement opportun. Le Rwanda a très bien réussi à promouvoir un environnement favorable à la croissance économique: au cours des deux dernières années, il a fait autour de 8% de croissance en moyenne et les prévisions sont également assez élevé – supérieur à 7%. Son économie est en croissance rapide et d’une manière inclusive, avec une proportion importante de la population élevée au-dessus du seuil de pauvreté depuis un passé récent. L’agriculture reste la principale source d’emploi dans le pays (73% de la population active du pays) et est donc considérée comme une priorité dans l’agenda pour le développement du pays. Les efforts pour intensifier la production, augmenter la productivité et améliorer les infrastructures sont en cours pour ouvrir des possibilités d’investissements agro-industriels et favoriser la croissance des revenus. Le développement du secteur agroalimentaire contribuera également à la nécessaire diversification de l’économie nationale.

– Il faut aussi mentionner que le Rwanda a été élu au Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui, pour sûr reflète les réalisations de développement du pays.

– Le Forum EMRC offrira aux participants l’occasion de constater ces évolutions encourageantes.

EMRC: Comment pensez-vous que le pays et la région ont évolué du point de vue de son secteur agro-alimentaire et de la direction qu’il prend en général en ce qui concerne l’agriculture?

–    Nous devons examiner cette question sur base de la haute résilience du continent africain à la crise économique mondiale, le taux de croissance moyen en Afrique s’élève jusqu’à 5%. Les IDE direct sont en constante augmentation dans les pays de l’Afrique de l’Est (EAC). Cela représente un environnement favorable pour le développement de l’entreprise, y compris l’agro-industrie. De l’autre côté la crise économique européenne a notamment réduit les marchés d’exportation pour beaucoup de ces pays

– Nous savons aussi que l’agriculture demeure le secteur dominant de l’économie de l’EAC, en fournissant un moyen de subsistance pour environ 80% de sa population et elle répond à d’importantes parts des exportations. La croissance économique dans la région a été plus rapide que dans le reste de l’Afrique sub-saharienne, ce qui a propulsé la consommation intérieure et le commerce intra-régional, en créant des perspectives positives pour le développement du secteur agro-alimentaire non seulement au Rwanda, mais aussi pour les autres pays du groupe EAC. Pour l’avenir, il est important de remarquer que l’industrialisation de l’EAC et la politique de diversification de l’économie est fortement axée sur le secteur agro-alimentaire, après avoir identifié l’agro-industrie comme un sous-secteur stratégique à travers lequel la sécurité alimentaire et le développement économique de la région peuvent être accéléré. À cet égard, il convient de remarquer que la FAO soutient actuellement l’EAC dans le développement de l’AgriBusiness et du Programme de Développement de l’Agro-industrie en Afrique de l’Est, ou E3ADP, ce qui devrait donner un nouvel élan aux investissements dans le secteur agro-alimentaire de la région.

EMRC: Le titre de cette année est «Le secteur agroalimentaire: un catalyseur pour une croissance durable et inclusive en Afrique». Sur un plan pratique, comment produire la croissance?

ES:    Pour la réalisation du plein potentiel pour une croissance inclusive en Afrique, il faudra que les exemples encourageants de bonnes politiques de développement et de gouvernance saines se multiplient pour que le développement du continent puisse se poursuivre. Dans ce contexte, l’accent sur le secteur agro-alimentaire comme moteur stratégique de croissance sera d’une importance particulière, étant donné les tendances sociales, démographiques et économiques qui permettront de générer un marché pour les aliments et boissons qui ont récemment été estimé à 1 billion de dollars en 2030. La croissance attendue sur les marchés mondiaux des matières premières qui sont les exportations traditionnelles de l’Afrique est un autre pilote pour le développement agricole et agro-alimentaire du continent.

– Je tiens à mentionner que dans la partie du monde d’où je viens  (ex-URSS) l’industrie agro-alimentaire au cours des 20 dernières années, est devenu un puissant moteur pour le développement agricole et les revenus agricoles, ce qui à son tour accroît les revenus ruraux et améliore le niveau de vie dans les villages. Les petites agro-industries dans les zones rurales offrent également des possibilités d’emploi et contribuent également à la croissance des revenus. Dans de nombreux cas, les investissements dans l’agro-industrie sont plus petits, avec un cycle d’investissement plus court et donc avec moins de risques. C’est pourquoi je crois au rôle  catalyseur de ce secteur pour la croissance économique.

EMRC: Quels sont vos objectifs / résultats attendus du Forum AgriBusiness 2013?

ES: Tout comme lors des années précédentes, nous espérons que le Forum offrira un espace privilégié pour le partage de l’information, le réseautage professionnel, la formation de partenariats d’affaires et des débats de haut niveau sur les questions présentant un intérêt pour le développement de l’agro-industrie en Afrique. La FAO est heureuse de rester engagée dans cette collaboration de longue date avec EMRC et nous nous réjouissons de ce forum cette année.

 

 


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