Interview/Fridolin ADONSOU : « recouvrer les créances à 100% relève carrément de l’utopie »

Les banques et les systèmes financiers décentralisés (SFD) dans leurs rapports avec les PME et PMI, s’engagent dans le financement à long terme de ces entités, mais encore faut-il souligner que la tâche n’est pas du tout aisée vu le montant important que représentent les transactions à effectuer.

Par exemple à l’Agence nationale de promotion et de garantie de financement des PME et PMI (ANPGF), ces financements peuvent varier de 2 500 000 FCFA à 50 000 000 FCFA, voire au-delà.

Dans la prévention d’énormes risques auxquels elles sont exposées, les banques et SFD instituent des mécanismes sécuritaires pour se prémunir d’éventuels caprices tels que le non remboursement des créances.

Le juriste d’affaires Fridolin ADONSOU, enseignant chercheur à l’Université de Lomé, par ailleurs chef du service des affaires administratives et juridiques à l’ANPGF fournit plus d’éclaircissements sur le sujet, à travers l’interview laconique que voici :

africabusiness.com :Les banques et les systèmes financiers décentralisés (SFD) s’engagent difficilement dans le financement à long terme des PME et PMI, compte tenu des risques que cela comporte. Dans la pratique, quels sont les risques auxquels les banques et ces SFD font face dans l’accompagnement de ces structures ?

Fridolin ADONSOU :Les risques fondamentaux auxquels les banques font face, c’est les risques de non remboursement  qu’elles cherchent généralement à se prémunir.

africabusiness.com :Face au risque de non remboursement, il y a lieu de mettre des garde-fous comme vous l’avez confirmez précédemment, afin que les engagements en matière de financement soient sécurisés. Pouvons-nous avoir une idée des diverses formes de garanties et des mesures de sécurité qui existent, afin que les risques soient au maximum limités dans le financement des PME et PMI ?

Fridolin ADONSOU :Au niveau des sûretés, il y en a plusieurs. Ça part des sûretés personnelles où on ajoute un débiteur supplémentaire au débiteur principal (le plus connu c’est le cautionnement) ; mais en même temps, il y a le législateur OHADA qui est intervenu également sur les garanties autonomes. Au-delà de ces sûretés personnelles, il y a des sûretés réelles qui portent sur l’affectation d’un bien du débiteur en garantie du financement qui lui a été octroyé. Et donc, ce que nous connaissons le plus, c’est l’hypothèque et le gage. En termes de garanties, on peut également ajouter tous les mécanismes qui permettent au créancier de se faire payer à terme. On peut donc tirer les instruments de garantie aussi bien du droit de crédit que du droit civil. En terme de droit de crédit, il y a les garanties institutionnelles (structures qui facilitent l’accès et la mobilisation de financement), le crédit documentaire qui joue à la fois le rôle d’instrument de crédit et de paiement. On note entre autres la propriété garantie, le crédit bail, et des actions qui permettent au créancier de se faire payer à terme.

africabusiness.com :Les mesures sécuritaires sont instituées pour faciliter le remboursement de crédit de la part des PME et PMI. Ces mesures selon vous suffisent-elles pour assurer à 100% le recouvrement de créances ?

Fridolin ADONSOU :Non, parce que recouvrer les créances à 100% relève carrément de l’utopie ; mais ces mesures assurent dans la mesure du possible les recouvrements de créances. Sinon, parler d’un recouvrement à 100%, ce serait de l’utopie.

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