Modernisation de l’administration publique : GANI Koffi en ordre de bataille

La modernisation de l’administration publique togolaise est une préoccupation pour le Conseil des énarques du Togo (en abrégé CENAT), qui entend inculquer à ses membres les attitudes exemplaires et disciplinaires ; histoire de les former et sensibiliser aux bonnes pratiques administratives susceptibles de séduire l’usager des services publics.

Cette association ainsi que ses objectifs ont fait l’objet de multiples inquiétudes auxquelles des éclaircissements nous ont été fournis par son président M. GANI Koffi à travers cette interview qui suit :

Togoinfos.COM : Vous êtes le président du Conseil des énarques du Togo (CENAT) ; parlez nous de cette association

GANI Koffi : Merci pour l’initiative que vous avez prise de venir chercher l’information là où elle se trouve concernant le Conseil des énarques du Togo (CENAT). C’est une association née le 20 JUIN 2009 à Lomé et son siège se trouve dans l’enceinte de l’Ecole nationale d’administration (ENA). C’est un regroupement des anciens élèves de l’ENA du Togo et d’ailleurs (Paris et d’autres pays) qui se retrouvent dans cette association pour parler d’une seule voix.

Togoinfos.com :Qu’est ce qui a motivé en réalité la création du CENAT ?

GANI Koffi : Vous savez tous comme moi que les autorités du pays particulièrement le chef de l’Etat et le gouvernement, font des efforts pour organiser un concours d’entrée à l’ENA ; chaque année c’est des dizaines de togolais diplômés ou bacheliers qui rentrent à l’ENA pour y suivre une formation compte tenu du niveau. Avec le niveau ‘’BAC’’, ils sont au cycle 2 pour une formation de 3 ans, et avec le niveau ‘’maîtrise’’, ils sont au cycle 3 pour une formation de 2 ans. Auparavant, il y avait le cycle 1 pour le niveau BEPC, mais avec l’élévation de la formation des jeunes, en harmonisation avec ce qui se fait dans d’autres pays, les autorités l’ont supprimé. Donc depuis plusieurs années, notre ENA forme des togolaises et des togolais nantis d’un BAC ou d’un diplôme post universitaire dans plusieurs filières. Chaque année, il y a des diplômés de cette école que l’on qualifie d’énarques. Les énarques sont ceux qui ont passé un concours d’entrée à l’ENA, et y ont suivi une formation de 2 ou 3ans sanctionnée par un diplôme.

Le statut de cette école fait en sorte que dès que vous finissez la formation sanctionnée par un diplôme, vous entrez automatiquement dans la fonction publique sans passer par le biais d’un concours de recrutement ; et parmi eux, vous trouvez les administrateurs civils, les inspecteurs de trésor, les inspecteurs d’impôts, les inspecteurs de douanes, les gestionnaires des services de santé, les diplomates, les inspecteurs de travail, etc…. donc tout ce personnel chaque année, c’est des dizaines de jeunes qui finissent leurs formations et qui rentrent dans l’administration. Actuellement dans l’administration, il y a des énarques ; et comme ce groupe s’élargit au fil des ans, il est apparu nécessaire de l’organiser au regard de leur nombre sans cesse croissant. Les énarques occupent de plus en plus des postes dans le pays et pas des moindres d’ailleurs ; Par exemple, le premier ministre Edem KODJO est un énarque formé en France, l’ex premier ministre Komlan MALLY est aussi un énarque. Le gouvernement sortant comptait deux énarques, on en compte aussi à l’assemblée nationale ; l’actuel DG des douanes est un énarque. Donc vous comprenez que c’est un groupe important qui mérite d’être organisé, non seulement parce que les membres deviennent de plus en plus nombreux, mais aussi parce que des problèmes se posent, notamment des problèmes de prise en charge, d’intégration, etc…

Il était donc question qu’on s’organise surtout avec les compétences multisectorielles qui s’y retrouvent, afin de s’en servir pour une administration bien réformée parce que l’objectif de l’association, c’est d’accompagner l’Etat dans la mise en œuvre des réformes administratives, promouvoir l’efficacité dans l’administration, accompagner le gouvernement et les autorités dans toutes les politiques de réformes de l’administration.

Comme actions entreprises depuis notre existence en 2009, nous avons conformément aux statuts de l’association, créé des points focaux au niveau des départements ministériels, et des sections régionales à l’intérieur du pays ; ils animent la vie de l’association et servent de pont et de courroie de transmission entre le bureau de l’association et les autres collègues en vue du partage des pratiques administratives.

Notre association compte plusieurs catégories de membres, notamment les membres fondateurs, les membres actifs, les membres sympathisants et les membres d’honneur.

Togoinfos.com : Comment entendez-vous accompagner les autorités dans la mise en œuvre des réformes administratives ?

GANI Koffi : Nous entendons le faire de façon plus simple. En nous basant sur les outils et les compétences dont nous disposons. Les édifices et les ordinateurs seuls ne suffisent pas pour moderniser une administration ; il faut aussi et surtout les hommes, d’où la nécessité pour nous de les former aux bonnes pratiques administratives. Tel est le défi que nous voulons relever.

Togoinfos.com : Depuis votre existence, des points focaux et sections régionales ont été créés. Quels sont vos perspectives d’avenir ?

GANI Koffi : C’est de les consolider ; une chose est de créer des structures, une autre chose est de les opérationnaliser. Donc nos perspectives, c’est à terme d’organiser des rencontres d’échanges, pour donner un cahier de charges à chaque point focal et section régionale assorti des résultats.

Entre autres perspectives, nous pensons former et sensibiliser les collègues au civisme, au respect de la hiérarchie, au travail bien fait, et à la recherche de l’excellence. Voilà ce qui nous a motivés à créer cette association qui nous permettra d’apporter notre modeste contribution à l’amélioration des prestations vis-à-vis des usagers de services publics.

 

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