Sécurité de construction au Maroc


Les normes et pratiques courantes du contrôle du béton passées au peigne fin par les professionnels du secteur  du BTP et génie Civil.

Le Laboratoire Public d’Essais et d’Etudes (LPEE), a organisé une journée d’étude technique portant sur « contrôle du béton : Normes et pratiques courantes » le mercredi 27 novembre 2013 au CAC de Rabat. Dans son rôle d’animateur scientifique et technique du secteur du génie civil et des industries associées, le LPEE est revenu sur le contrôle de l’application de la norme marocaine spécifique au béton qui a pris effet en 2010.

Faire un état des lieux de la norme marocaine spécifique « NM 10.1.008 » dans son application et voir quels en sont les points à améliorer dans le prochain code national de construction. Tels ont été les objectifs que le LPEE s’était fixé à l’occasion de cette journée d’étude technique qui regroupait près de deux-cents professionnels du secteur du BTP et du génie Civil venus des quatre coins du Royaume. Cette journée qui s’inscrit dans une volonté consensuelle d’élargir la réflexion sur les bonnes pratiques en direction du nouveau code national de la construction attendu probablement pour 2014. Elle a été marquée par des interventions riches et diversifiées d’experts nationaux qui ont toutes permis d’éclairer sur les normes et pratiques. Au cœur des débats, les problématiques liées aux éventuels laxisme et manque de rigueur qui peuvent exister dans le coulage du béton, respect des dosages selon les types d’ouvrages. Parallèlement à un bon encadrement des différents aspects normes des bonnes pratiques des métiers du secteur, le LPEE joue également sur la conscientisation des professionnels qui doivent engager en premiers leur responsabilité dans ce qu’il faut pour des raisons sécuritaires et socioéconomiques. Un coulage de béton qui ne respecte pas les normes expose des personnes devant utiliser ou pratiquer l’ouvrage, sans occulter les risques matériels, économique et même social. La responsabilité et la crédibilité des auteurs (dans sa plus large sphère) de l’ouvrage sont engagées avec une répercussion sociale éventuelle sur des emplois. Tout cela pour comprendre, en substance l’étendue et la complexité de la question qui en appel à une réelle réflexion et des études rationnelles avant de clore les différents chapitres du prochain code de la construction. Le chapitre sur… « le contrôle du béton » méritait un temps d’arrêt du fait de son utilisation dans le fondement de tout ouvrage (BTP et génie Civil).

Dans le vif du sujet, Mohammed ERROUAITI, Directeur du Centre Scientifique et Techniques des Constructions du LPEE , a eu le privilège d’axer son exposé sur les grands chapitres de ce futur code national, donnant une iodée sur les intervenants concernés, les matériaux de construction, les procédés de construction, les rapports risque/sécurité et le système de contrôle/sanctions en cas de défaillance. Il s’agissait avant tout de « remédier à l’épineuse problématique du floue qui englue la situation des responsabilités », souligne –t-il. Pour lui, c’est d’une importance capitale de « comprendre les préoccupations, orientations et rouages du prochain code afin de réaliser ô combien le sujet du jour est important ». Abdellah CHOUKIR, Directeur du Centre Expérimental des Matériaux et du Génie Industriels du LPEE, a, quant-à-lui, décortiqué la norme marocaine du béton qui conforte sa place prépondérante dans le prochain code de la construction. Il ajoute que ce dernier «constitue une nouvelle étape dans l´amélioration de la qualité et de la durabilité des bétons ». M. CHOUKIR est revenu sur les domaines d’application, les cinq propriétés spécifiées et sur la situation des responsabilités telle que prévu par le prochain code.

Ainsi, les évolutions annoncées dans le secteur auront un impact positif direct sur « la durabilité des ouvrages », sujet, justement, sur lequel porte l’intervention de Mohamed AIT EL AAL, Directeur du Centre Expérimental des Grands Travaux du LPEE. L’expert a ouvert une parenthèse sur l’analyse de la durabilité des ouvrages par l’examen des approches performantielles et prédictives, impactant directement la durabilité des ouvrages. Mohamed AIT EL AAL a rappelé la place de la R&D en prenant en exemples les pays qui excellent dans ce domaine. Il a d’ailleurs cité en exemples de «nouvelles approches basées sur la sélection des indicateurs de durabilité, la définition de critères performantiels adéquats relatifs à ces indicateurs et l’évaluation de la durée de vie de l’ouvrage moyennant des modèles prédictifs ». M. Redouane NABAOUI, Directeur du Centre Technique Régional de Kenitra a fait l’état des lieux de la « Pratique actuelle et différences entre certaines spécifications du Cahier de Charges et Normes ». Mohamed BERRADA, Directeur du Centre Technique Régional de Fès, a partagé avec l’assistance la proposition d’une procédure à mettre à niveau et un cahier de charges, avant la clôture de la journée par un débat et des recommandations.


Une nouvelle plateforme consensuelle (online) annoncée en janvier par la FMCI

En reconnaissance au travail accompli depuis de longues années par le la Fédération Marocaine de Conseil et de l’ingénierie (FMCI), le LPEE a invité son Secrétaire Général, Nabil BENAZZOUZ, à intervenir pour exposer le point de vue de l’instance qui annonce, entre autre, le lancement en janvier ou février prochain d’une plateforme consensuelle (online) qui permettra aux professionnels nationaux du secteur d’échanger et de se concerter en temps réel. Nabil BENAZZOUZ insiste beaucoup sur la démarche consensuelle et coopérative de cette plateforme inspirée du modèle anglo-saxon.

Cette journée riche en interventions a permis revisiter les nouvelles orientations prises par le secteur, lesquelles permettront de renforcer la qualité de prestations, la rigueur dans les process, la visibilité dans la situation des responsabilités, mais aussi la sécurité et la durabilité des ouvrages.


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