Le Maroc veut dynamiser ses exportations d’agrumes en direction d’Afrique subsaharienne


Journée d’étude

Les exportations marocaines d’agrumes en direction de l’Afrique subsaharienne

14 Juin 2014 – Casablanca

L’Ascam se penche sur le marché subsaharien des agrumes, en croissance de +70% en quatre ans

L’Association des conditionneurs d’Agrumes du Maroc (ASCAM) a organisé le 14 juin 2014 à Casablanca une journée d’étude dont l’objectif était de se pencher sur Exportations d’agrumes du Maroc vers l’Afrique subsaharienne, dont les principaux marchés destinataires sont la Mauritanie, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Mali, Burkina Faso, Gabon et la Guinée. Il s’agissait pour les acteurs du secteur d’identifier, de fixer les problématiques,  et de réfléchir sur un plan d’action à mettre en place.

 

Dans cet examen des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne qui a regroupé les opérateurs du secteurs (privés) et les autorités de tutelle, un chiffre a retenu l’attention : la croissance des exportations marocaine en direction de l’Afrique subsaharienne, à +70% en quatre ans, passant de  9 425 T en 2009 à 16 082 T en 2013 produits made in Maroc exportés.

 

Echanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne

L’occasion est pour l’Ascam de faire l’état des lieux et d’examiner les perspectives de la demande d’agrumes frais. De cette journée d’étude, les acteurs du secteur se sont fait un point d’honneur à creuset l’abcès des exportations en direction d’Afrique subsaharienne, en tentant en une journée de n’occulter aucun point, des moins sensibles au plus complexes. L’Ascam en est ressortie convaincue des volumes et valeurs qu’”il existe un potentiel d’expansion de la demande sur les marchés des pays subsahariens”. L’Ascam a par ailleurs constaté que la poursuite de la croissance économique est une condition indispensable à la future expansion des marchés des agrumes dans ces pays. La tendance haussière concerne globalement toutes les filières du secteur, des produits frais à ceux transformés ou conditionnés, mais redevra faire face à des engrenages telle que la concurrence informel et déloyale, entre autres.

 

Franchir les obstacles qui mettent du plomb dans l’aile

 

A la comparaison des volumes et valeurs d’exportations des filières agrumicole avec la demande réelle de ces marchés d’Afrique subsaharienne (48 pays, 910 millions d’habitants soit 80% de la population globale du Continent, une croissance moyenne de 5,6 %, dont 7% en Ethiopie et au Rwanda), l’Ascam estime que le Royaume « peu mieux faire ».  N’eut été quelques engrenages liés en priorité à une concurrence féroce et quelque peu déloyale  de l’informel. « Le secteur informel jette un pavé dans la marre en provoquant un écart qualitatif et donc  de valeur sur les exportations normalisées », se désole Khalid Bounajma, Secrétaire Général de l’Ascam. « Le secteur informel génère de grandes marges bénéficiaires et peut se targuer, dans le cas de la rareté du produit, de pouvoir l’acheter directement chez  le producteur et priver le secteur formel d’une source d’approvisionnement », souligne –t-il.

 

de la gauche vers la droite M. Imad Chentouf, membre de la nouvelle commission mixte M. Khalid Bounajma, Secrétaire Général de l’Ascam

D’autres freins ont été décelés, lors de cette journée, notamment sur les plans institutionnels, commerciaux, logistiques et juridiques. Malgré le renforcement des accords bilatéraux avec la plus part des pays précités, certains accords signés sont restés lettre morte ou se limitent à une liste de produits estimés courte, selon l’Ascam. Sur le plan logistique, le manque d’infrastructures de transports inter-état adéquates (terrestre et maritime), génère des coûts supplémentaires et étire les délais de livraisons es produits. La législation de  la plus part des pays n’autorise pas encore la possibilité de versement de fonds chez les banques marocaines établies dans la région.

 

Enfin influent sur les exportations marocaines, d’autres difficultés, telles que les contraintes douanières  liées 0 la lourdeur des démarches, aux coûts  et aux lenteurs  des procédures.  « Pour un pays frontalier comme la Mauritanie, les produits marocains souffrent de l’absence  d’application des procédures à l’exportation », conclut Khalid Bounajma.

 

Vers une démarche plus stratégique

Trois axes stratégiques retiennent l’attention des acteurs du secteur  qui comptent s’y focaliser  pour assainir et alléger les démarches afin de faciliter d’avantages les échanges commerciaux :

 

–                  Sur le plan économique, l’Ascam prône le recadrage des cibles, en canalisant l’énergie vers des partenaires prioritaires choisis en fonction des potentialités des différents pays africains. Une mission qui s’articule autour de quelques actions-piliers à mettre en œuvre :

Assurer une offre croissante d’exportation adaptée à la demande et aux spécificités des économies de l’Afrique subsaharienne;

Développer le réseau bancaire

Alléger la procédure financière (Mettre en place des solutions efficaces pour la garantie de paiements des transactions commerciales);

Améliorer l’aspect d’assurance à l’exportation

–                  Sur le plan Institutionnel, les acteurs restent conscients qu’il faut impérativement aller vers la coordination les stratégies aussi bien des pouvoirs publics que des opérateurs privés marocains au niveau de cette région.

 

–                  Sur le plan Logistique, aller concrètement vers la  faciliter les conditions d’écoulement des produits, en mettre en place un réseau logistique bien adapté au contexte  du marché (Etudier la faisabilité économique de mettre en place des lignes aériennes et maritimes régulières entre le Maroc et les principaux marchés d’importation.)

 

Enfin, cette journée a été l’occasion de sensibiliser toutes les administrations de Royaume (douane, office de change, EACCE, ADA, etc.) à l’importance de ce marché pour le développement de la filière agrume au Maroc.

 

Le Secteur Agrumicole

Le Maroc produit en moyenne 1,3 million tonnes d’agrumes chaque année. 530 000 tonnes sont réservées à l’export, ce qui représente un volume de près de 3 milliards de dirhams.  Selon l’ASCAM on prévoit de dépasser les 2 millions de tonnes de production à partir de la campagne 2013-2014.

 

Le secteur contribue à la création de 21 millions de jours de travail par an d’après le ministère de tutelle, qui recense 13 000 producteurs d’agrumes exploitant une superficie globale de 92 000 hectares. La même source fait savoir que moins de la moitié (47%) des exploitations nationales sont équipées en système d’irrigation. Les principales régions de production sont Souss-Massa (38%), Gharb-Loukkos (20%), Moulouya (17%), Tadla (14%) et El Haouz (6%). Les principales variétés des agrumes marocaines sont la Clémentine (39%), Maroc Late (29%), Navel (22%), Oranges demi-saison (5%) ainsi que d’autres variétés.

 

A PROPOS DE L’ASCAM

 

L’ASCAM a été créée en 2011 dans le but d’organiser la profession et de créer un leadership afin d’agir auprès des divers acteurs institutionnels et privés. Les  objectifs de l’ASCAM :

Promouvoir le secteur agrumicole à travers des rencontres entre opérateurs et partenaires du maillon de la filière des agrumes au Maroc ;

Consolider les relations au sein de la filière des agrumes au Maroc ;

Développer 1 approche des pays d’Afrique Saharienne géographiquement proche du Maroc : Sénégal ou la Mauritanie ;

Chercher de nouvelles destinations pour nos produits phare : les Agrumes ;

Contribuer à la création d’emploi : environ 9 millions de journée de travail emploi direct ;

Améliorer les revenus agriculteurs dont le nombre s’élève à 13000 ;

L’ASCAM c’est 50 stations à l’échelle nationale adhérentes. L’Association organise des journées, conférence et séminaires thématiques en marge des événements agricoles (SIAM, SIFEL, TROFEL, etc.…)

A PROPOS DE MAROC CITRUS

Le Contrat-Programme 2008/2018 pour la mise à niveau de la filière agrumicole qui a été signé entre la profession et le gouvernement en Avril 2008 prévoit la création d’une Fédération Interprofessionnelle pour les agrumes...

Celle-ci a effectivement été créée le 24 Novembre 2008 sous le nom de Maroc-Citrus (Fédération Interprofessionnelle Marocaine des Agrumes). Maroc-Citrus regroupe l’ensemble des composantes de la filière agrumicole (producteurs, conditionneurs, pépiniéristes et usines de transformation). L’ensemble de ces composantes ont été organisées dans le cadre de l’association déjà existante (ASPAM) ou d’autres qui ont été créées.

Les Associations actuellement membres de Maroc-Citrus sont :

L’Association des Producteurs d’Agrumes du Maroc (ASPAM) qui a été créée depuis 1958 et qui regroupe les producteurs d’agrumes des différentes régions du Maroc.

L’Association des Conditionneurs d’Agrumes du Maroc (ASCAM) qui rassemble l’ensemble des stations de conditionnement d’agrumes.

L’Association Marocaine des Pépiniéristes d’Agrumes Certifiés (AMAPAC) qui fédère l’ensemble des pépiniéristes agréés pour la production de plants certifiés.

Les usines de transformation d’agrumes n’ont pas encore été regroupées en association, mais  leur profession est représentée au sein de « Maroc-Citrus.

L’objet de la Fédération tel qu’il découle de ses statuts vise à :

Contribuer  à l’organisation, au développement et à l’intégration de la filière agrumicole.

Favoriser dans le cadre de l’interprofession la concertation et la coordination entre les opérateurs de la filière à tous les niveaux.

Représenter ses adhérents et défendre les intérêts collectifs  de l’interprofession agrumicole auprès des autorités publiques et de différents instituts et organismes nationaux et internationaux.

Etudier les principales questions d’ordre économique,  commercial, social, technique, financier et fiscal concernant la production, les pépinières, le conditionnement, l’exportation, la commercialisation et la transformation des agrumes.

Informer les pouvoirs publics ou tout organisme national ou international des résultats de ces études et effectuer auprès d’eux toutes les démarches ou interventions qu’elle estimera nécessaires pour assurer la représentation des intérêts collectifs de ses membres

Dès sa création, la Fédération Interprofessionnelle Marocaine des Agrumes s’est attelée à mobiliser l’ensemble des composantes de la filière pour adhérer au Contrat-Programme Agrumes et participer à la réalisation de ses objectifs.

A ce propos, rappelons que ce Contrat-Programme prévoit d’atteindre à l’horizon 2018 une production totale d’agrumes du Maroc de 2,9 millions T et un export total de 1,3 millions T.

Au niveau de la production, les objectifs du Plan d’Actions ont été atteints et même dépassés. Cependant, en ce qui concerne la commercialisation, des efforts restent encore à faire et c’est dans ce cadre, que Maroc-Citrus travaille depuis quelques mois à l’étude de la problématique de la commercialisation interne et externe des agrumes afin de dégager des solutions qui puissent permettre de mieux valoriser la part de la production agrumicole destinée à l’exportation ainsi que celle absorbée par le marché local.

Signalons enfin que Maroc-Citrus a signé avec le Gouvernement une convention pour la mise en place du CIRDA (Centre Interprofessionnel de Recherche, Développement et d’Encadrement des Agrumes.

Présentation Afrique subsaharienne Samedi 14 Juin 2014

 

Source: ASCAM


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