Medair vise l’amélioration de l’économie locale du nord-est de Madagascar


Dans le cadre de son projet Rano Tsara 2 (bonne eau en malgache), Medair, ONG d’aide d’urgence et de reconstruction suisse, s’attelle aux problèmes de l’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène parmi les populations les plus vulnérables de Madagascar.

Débuté en 2013 dans la région d’Analanjirofo, le projet Rano Tsara 2 prévoit entre autres un volet de renforcement des capacités : former 4 entreprises locales sur la construction de latrines EcoSan améliorées (latrines sèches à double fosses avec séparation de l’urine) qui construiront et vendront 800 latrines et former 33 artisans sur la construction de dalles SanPlat, qui construiront et vendront 500 dalles.

Nous parlons ici de latrines améliorées car sur la base des conclusions tirées de Rano Tsara 1 (2006-2011), Medair a fait intervenir un consultant international pour retravailler le format et la technologie des latrines. Il en résulte une latrine améliorée qui comporte un cabinet de douche adjacent à la latrine (d’où le nom qui lui a été donné : kabone ladosy) et une aération supplémentaire pour un meilleur séchage des matières fécales. Un modèle inédit jusque là.

Il existe deux modèles de latrines, celles à buses rondes (boribory) que les bénéficiaires peuvent obtenir à un prix subventionné de 190 000 Ar seulement (environ 22%  du prix effectif de la latrine, Medair supportant les 80% restants), et celles à fosses carrées (karekare) pour 270 000 Ar (subventionnées à 74% par Medair). La différence de prix s’explique par le surplus de matériel nécessaire à la construction des latrines karekare car les plaques de vidange, qui sont dehors, permettent de vider les fosses depuis l’extérieur plutôt que l’intérieur.

Dans la commune urbaine de Maroantsetra, Medair a choisi de former 4 entreprises locales ; au terme de cette formation, elles se « disputeront » le marché de Maroantsetra en soumettant des propositions tarifaires et calendaires. Il est prévu que les entreprises soient en mesure de construire et d’installer 10 latrines en 45 jours ouvrés.

Dans une région à l’économie défaillante, les entreprises ont tout intérêt à faire de leur mieux pour obtenir ces contrats. Même après le départ de Medair, les demandes en latrines devraient continuer ; une activité qui promet d’être lucrative pour les entrepreneurs sélectionnés. Félicien Belalahy, chef de l’entreprise Miray, avoue : « si je ne parviens pas à obtenir de contrat avec Medair, je vais devoir tenter de trouver d’autres projets et retourner à la culture du riz pour pouvoir nourrir ma famille. »

M. Belalahy croît fermement au projet. Non seulement « il va permettre à la population d’être en meilleure santé en réduisant les maladies liées à l’hygiène, qui est un des gros problèmes de la région, mais il va aussi relancer l’économie locale car il crée des besoins et des demandes, et surtout de l’emploi. » En outre, une fois la vente des latrines lancée, Medair envisage la création et la formation d’une association de vidangeurs dont le métier sera l’entretien annuel des latrines. Tâche que les ménages ne sont pas toujours prêts à faire eux-mêmes et qui requiert une certaine capacité technique.

Le volet latrines EcoSan du projet Rano Tsara 2 est financé à hauteur de 214 400 USD par l’Union européenne, la Confédération suisse, la Chaîne du Bonheur et l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Toutefois, Medair recherche actuellement des fonds supplémentaires afin de compléter ce financement et faire construire 800 latrines EcoSan, afin de répondre convenablement aux besoins de la région.

Pour plus d’informations sur le travail de Medair à Madagascar ou dans le monde : http://relief.medair.org/


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