La première cartographie des activités des acteurs de sécurité externe en Afrique confirme la tendance au multilatéralisme et à l’« Africanisation »


Ces dix dernières années, les grands acteurs externes ont développé des initiatives politiques pour faire progresser leurs intérêts sécuritaires, géopolitiques et économiques en Afrique. L’analyse des activités de sécurité de sept grands acteurs en Afrique (la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Union européenne et les Nations Unies) a montré une augmentation des approches multilatérales, du soutien de l’« africanisation » de la sécurité africaine et de la privatisation des systèmes de sécurité externes. Ce sont les principales conclusions qui ressortent d’une nouvelle monographie du SIPRI (http://www.sipri.org) éditée par Olawale Ismail et Elisabeth Sköns.

Un chapitre peut être téléchargé à l’adresse suivante : http://goo.gl/j0pHrW

Ce livre tente pour la première fois de cartographier de manière approfondie les activités de sécurité des sept principaux acteurs externes en Afrique subsaharienne. Il fournit des données et des analyses concernant les activités officielles liées à la sécurité de cinq états : la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis, et de deux organisations : l’Union européenne et les Nations Unies. Il identifie également les politiques et les stratégies de sécurité dans le cadre desquelles ces activités ont été élaborées. Un des principaux objectifs de ce livre est de fournir une ressource aux groupes de la société civile africaine, qui s’investissent de plus en plus dans les questions de sécurité de leurs pays respectifs.

« La forme des activités de sécurité externe en Afrique a changé au cours des dix à vingt dernières années : d’une présence militaire permanente à des interventions temporaires, souvent dans un cadre multilatéral ; d’une intervention militaire directe à la formation des forces de sécurité africaines et d’autres formes d’aide à la sécurité africaine ; des transferts d’armes à grande échelle aux pays africains alliés à des transferts d’armes à une échelle réduite dans le cadre de programmes de sécurité précis, observe Elisabeth Sköns, directrice du Projet de sécurité et de gouvernance en Afrique de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Stockholm International Peace Research Institute, SIPRI). Bien sûr, il y a de grandes exceptions à cela, comme la base de l’armée américaine à Djibouti et les interventions bilatérales de la France en Afrique de l’Ouest, mais d’une manière générale, ce sont les principales tendances. »

De nombreuses activités de sécurité externe en Afrique sont motivées par des intérêts privés

Si la forme change, les moteurs de ces actions restent les mêmes. Les acteurs externes présents en Afrique continuent à appliquer des politiques basées sur leurs propres intérêts, ce qui est un frein à la réalisation de progrès durables en matière de sécurité en Afrique. « Beaucoup de leurs activités en Afrique font partie de politiques destinées à empêcher les problèmes de sécurité de l’Afrique, comme la criminalité transnationale, la radicalisation violente et le terrorisme international, de s’étendre à leurs propres pays ou à accéder aux ressources de l’Afrique », explique Olawale Ismail, co-rédacteur du livre et directeur de recherche chez International Alert.

Multilatéralisme et besoin de vrais partenariats

Les activités de sécurité des acteurs externes en Afrique s’inscrivent dans le contexte d’une tendance mondiale au multilatéralisme, notamment dans les opérations de maintien de la paix. Entre 1989 et 2013, l’ONU a mené un total de 33 opérations de maintien de la paix en Afrique.

« Parallèlement, nous avons vu quelques acteurs se tourner vers une intervention bilatérale quand les approches multilatérales sont trop lentes, souligne Vincent Boulanin, chercheur au sein du Programme de sécurité européenne du SIPRI et auteur du chapitre sur la France. Les interventions récentes de la France au Mali et dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest en sont un exemple. »

« Les acteurs externes insistent de plus en plus sur l’importance de l’appropriation locale et élaborent des politiques pour aider les pays africains à s’aider eux-mêmes. Cependant, ils leur proposent souvent des programmes prédéfinis et ont tendance à intervenir lorsque les choses ne se déroulent pas comme ils l’auraient souhaité. Ce qu’il faut, ce sont de vrais partenariats », indique Olawale Ismail.

 

SOURCE

Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI)


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