Les services du FMI concluent leur mission de consultation de 2015 au titre de l’article IV au Cameroun


Une mission du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par M. Mario de Zamaróczy, a séjourné au Cameroun du 10 au 23 septembre 2015 pour mener les consultations de 2015 au titre de l’article IV du FMI. La mission a rencontré le Premier Ministre Philémon Yang, le Ministre Secrétaire général de la Présidence Ferdinand Ngoh Ngoh, le Ministre des Finances Alamine Ousmane Mey, le Ministre de l’Économie, de la planification et de l’aménagement du territoire Emmanuel Nganou Djoumessi, plusieurs autres ministres, le Directeur national de la Banque des États de l’Afrique centrale Jean-Marie Benoît Mani, d’autres hauts responsables et des représentants du secteur privé, des syndicats, des organisations de la société civile, du monde universitaire et des partenaires techniques et financiers. Les entretiens ont été centrés sur l’évolution récente de la situation économique et les perspectives à court et moyen termes. 

Au terme de la mission, M. de Zamaróczy a rendu publique la déclaration suivante:

«Le contexte économique global et régional s’est fortement dégradé depuis les dernières consultations des services du FMI en mai 2014. La chute prononcée des cours mondiaux du pétrole est venue grever les recettes de l’État, bien qu’elle ait été partiellement compensée par une baisse des subventions aux prix des carburants. Les attaques terroristes dans l’extrême nord, ainsi que le problème des personnes déplacées à l’intérieur du pays et des réfugiés de la République centrafricaine ont par ailleurs engendré des dépenses supplémentaires.

«Toutefois, l’économie a fait preuve de résilience, ce qui lui a permis de croître à près de 6 % en 2014, grâce notamment à l’augmentation de la production pétrolière et la progression des investissements publics. L’inflation est demeurée faible à près de 2 % et ce malgré la hausse des prix du carburant à la pompe au 1er juillet 2014. Le déficit extérieur courant, dons compris, a été de 4,5 % du PIB, grâce, en particulier, à l’augmentation des exportations pétrolières, ce qui a permis de compenser l’effet négatif de la baisse des cours mondiaux.

«Le déficit budgétaire global, base caisse et dons compris, s’est aggravé de manière significative, passant de 4,1% du PIB en 2013 à 5,7% du PIB en 2014, du fait notamment de l’augmentation des dépenses d’équipement qui ont atteint 8,5 % du PIB. Le déficit a engendré une hausse des besoins de financement qui s’est traduit par un accroissement de la dette publique.

«Pour 2015, la croissance du PIB devrait à nouveau avoisiner les 6 %, grâce au bon comportement de certains secteurs, tels que les bâtiments, les travaux publics et les services financiers, ainsi qu’à l’augmentation de la production pétrolière. Néanmoins, elle sera freinée par l’impact du choc pétrolier sur une année pleine ainsi que la lutte contre le terrorisme. L’inflation devrait augmenter du fait de l’effet à retardement de la hausse des prix du carburant, tout en restant en deçà du critère régional des 3 %. Le déficit budgétaire devrait se réduire quelque peu pour atteindre 5,4 % du PIB et ce malgré la chute continue des recettes pétrolières, qui sera compensée par la bonne performance des recettes d’impôts et les recettes exceptionnelles provenant de la vente de licences de téléphonie mobile. Les prix bas du pétrole permettront de faire de fortes économies au niveau des subventions aux carburants, ce qui viendra compenser l’augmentation des dépenses de sécurité et d’investissement. Les perspectives budgétaires à moyen terme demeurent cependant une source de préoccupation, car le niveau élevé des dépenses d’investissement public, couplé à des recettes pétrolières plus faibles et des dépenses sécuritaires persistantes, vont continuer à peser sur les déficits annuels. Le financement de ces déficits va accroître l’endettement public. A cet égard, la mission du FMI recommande de revoir et de rationaliser les exonérations et les régimes dérogatoires fiscaux afin d’élargir l’assiette fiscale et augmenter les recettes de l’État.

«La mission a fait part de sa préoccupation quant au niveau de la dette publique, qui croît rapidement et qui est contractée à des conditions de plus en plus onéreuses. La mission a recommandé d’adopter une politique plus orientée vers l’endettement à des conditions plus concessionnelles et de consolider et de rationaliser le programme d’investissement public avec d’autres plans d’investissement, tel le « plan d’urgence ». Il convient de mettre l’accent sur les projets les plus rentables et à forte incidence sur la croissance. La mission a réitéré le besoin de réformes institutionnelles en vue d’augmenter l’efficacité des dépenses d’investissement. La mission a aussi constaté la faiblesse de la performance financière du secteur des entreprises publiques et a souligné les risques de dette latente pour l’État que cela pourrait engendrer. En conséquence, la mission a recommandé un suivi plus assidu  de la performance et l’endettement des entreprises publiques.

«La mission a souligné le besoin de mettre en place les réformes nécessaires à promouvoir une croissance plus forte et plus inclusive. Elle a noté le léger recul de la pauvreté depuis 2007, mais a mis l’accent sur les défis restants, notamment le besoin de réduire les inégalités sociales. La mission a aussi noté les efforts visant à renforcer la supervision bancaire.

«Le Conseil d’administration du FMI devrait examiner le rapport des services sur les consultations de 2015 à la mi-novembre de 2015. La mission remercie les autorités de leur chaleureuse hospitalité, de leur excellente coopération et du dialogue constructif qui a aminé les échanges».

Source: International Monetary Fund (IMF).


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