Le Conseil d’administration du FMI approuve un accord au titre de la facilité élargie de crédit d’un montant de 304,7 millions de dollars en faveur de Madagascar


La décision du Conseil d’administration ouvre la voie au décaissement immédiat de 31,428 millions de DTS (environ 43,5 millions de dollars)

WASHINGTON D.C., États-Unis d’Amérique, 29 juillet 2016/APO/ –Le 27 juillet 2016, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un accord de 40 mois au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) en faveur de Madagascar d’un montant équivalant à 220 millions de DTS (environ 304,7 millions de dollars, ou 180 % de la quote-part actuelle), pour contribuer à renforcer la stabilité macroéconomique et promouvoir une croissance durable et inclusive. 

La décision du Conseil d’administration ouvre la voie au décaissement immédiat de 31,428 millions de DTS (environ 43,5 millions de dollars). Le montant résiduel sera mis à disposition en plusieurs tranches sur la durée du programme, sous réserve de la réalisation de revues semestrielles.

Le Conseil d’administration a en outre été informé de l’approbation par la Directrice générale de la première et dernière revue du programme de référence semestriel qui a couvert la période de septembre 2015 à fin mars 2016. Durant cette période, le pays a constitué des antécédents satisfaisants de réformes soutenues et enregistré des progrès dans la plupart des domaines.

À l’issue des délibérations du Conseil d’administration, M. Mitsuhiro Furusawa, Directeur général adjoint et Président par intérim, a fait la déclaration suivante :  «Le nouvel accord en faveur de Madagascar au titre de la facilité élargie de crédit vise à renforcer la stabilité macroéconomique et à promouvoir une croissance durable et inclusive. La faiblesse de la mobilisation des recettes, le niveau élevé de dépenses peu prioritaires et la nécessité de renforcer la gouvernance économique représentent des défis pour le développement économique à moyen terme. Dans cette conjoncture, il sera essentiel de mettre en œuvre les réformes de manière rigoureuse et soutenue.

« Pour assurer une croissance rapide et faire reculer durablement la pauvreté il faudra, outre des réformes structurelles, investir davantage dans l’infrastructure et élargir l’accès à l’éducation et aux soins de santé. Il sera essentiel d’accroître les recettes fiscales et de maîtriser, puis réduire, les dépenses moins prioritaires, dont les transferts aux entreprises publiques, telles que la compagnie d’électricité JIRAMA. Il est certes opportun de faire appel à un niveau élevé d’emprunts extérieurs pour financer le développement, mais la viabilité de la dette doit être préservée et les autorités doivent recourir dans toute la mesure du possible à des dons et des financements concessionnels.

« Les réformes destinées à renforcer la gouvernance sont également déterminantes pour la réussite du programme économique. Parmi les principales mesures à entreprendre il convient de renforcer les pratiques de gestion des finances publiques et de passation de marchés, d’accroître la transparence budgétaire, de gérer avec prudence les conséquences budgétaires des partenariats public-privé, et de renforcer les institutions et le dispositif juridique de lutte contre la corruption.

«Il sera essentiel d’asseoir solidement les bases qui permettront de donner davantage de profondeur au système financier afin de renforcer la croissance économique et la stabilité. Cela exigera une supervision plus fréquente et plus rapprochée des banques et des établissements non bancaires, la mise en place d’un dispositif légal et opérationnel pour les établissements en difficultés, et la promotion de méthodes de paiement modernes.

«La banque centrale a été renforcée grâce à une plus grande indépendance juridique et à l’augmentation des réserves internationales. Les autorités devraient rester vigilantes à l’égard du maintien de la stabilité des prix et elles devraient continuer d’améliorer le dispositif opérationnel régissant la mise en œuvre de la politique monétaire, y compris en établissant un marché monétaire fluide».

Évolution récente de la situation économique

Sous le poids d’institutions fragiles, Madagascar s’efforce de se relever d’une période prolongée de crise politique et d’isolement international, de 2009 à 2013, au cours de laquelle les principaux indicateurs sociaux et développementaux se sont dégradés.

Le redressement qui s’est amorcé en 2014 n’a pas jusqu’à présent impulsé d’élan vigoureux, en raison de l’effondrement des cours des principales matières premières, des bouleversements climatiques et des profondes faiblesses structurelles. Le rythme de croissance du PIB est maintenant estimé à 3,1 % en 2015, donc en léger recul par rapport à 2014 et tout juste au-dessus du taux de la croissance démographique. L’inflation est descendue à 6,3 % à la fin mai 2016, contre 7,6 % à la fin décembre 2015, du fait de la baisse des prix alimentaires et énergétiques.

L’exécution du budget a été délicate en 2015. Les dépenses prioritaires ont été comprimées en raison du déficit de rentrées fiscales, des difficultés de financement et des transferts imprévus qui ont été nécessaires en faveur des entreprises publiques et des caisses de retraite.

Le déficit budgétaire a grimpé à 3,3 % du PIB. En dépit des vents contraires internationaux, la conjoncture économique devrait s’améliorer en 2016 sous l’effet de facteurs internes spécifiques.

Résultats obtenus dans le cadre du programme de référence

Les résultats macroéconomiques enregistrés dans le cadre du programme de référence (de septembre 2015 à fin mars 2016) ont été globalement satisfaisants. Les objectifs macroéconomiques ont été atteints jusqu’à la fin mars 2016, à l’exception des plafonds du crédit net à l’État et des nouveaux arriérés de paiement extérieurs, à cause de difficultés techniques pour effectuer les paiements. Les recettes fiscales ont commencé à s’améliorer peu à peu, grâce aux mesures supplémentaires prises dans le cadre du programme et les objectifs de dépenses sociales prioritaires ont été atteints. La forte accumulation de réserves de change a renforcé les marges de manœuvre extérieures.

Il y a aussi eu des progrès sur le front structurel, notamment le renforcement des audits et contrôles des recouvrements fiscaux, la mise en place d’un mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants pour éviter toute subvention énergétique, la présentation au Conseil des ministres d’une loi révisée sur la banque centrale, qui représente une avancée vers un objectif institutionnel essentiel pour la stabilité économique; l’approbation par le Conseil des ministres d’une Politique nationale de protection sociale; l’amélioration de la transparence et du fonctionnement du marché des changes; et la mise en place d’une nouvelle base de données pour renforcer la transparence et la capacité de gestion de la dette.

Présentation résumée du programme

Le programme gouvernemental, appuyé par la FEC, vise à renforcer la stabilité macroéconomique et à promouvoir une croissance durable et inclusive. Les principaux volets du programme sont les suivants :

élargir les perspectives de croissance inclusive en améliorant l’accès à l’éducation, aux soins de santé et à la protection sociale, tout en misant sur le renforcement des infrastructures et le développement du secteur privé; accroître la marge de manœuvre budgétaire en améliorant la mobilisation des recettes et la hiérarchisation des dépenses  renforcer la gouvernance économique en améliorant la gestion des finances publiques et en intensifiant les mesures anticorruption; et  consolider la stabilité macroéconomique en renforçant les capacités opérationnelles de la banque centrale et la supervision financière. La mise en œuvre des réformes sera appuyée par un programme ciblé de renforcement des capacités et d’assistance technique.

Distribué par APO pour International Monetary Fund (IMF).


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